Paris — Il est des œuvres qui dépassent le cadre du cinéma pour s’inscrire dans une réflexion plus vaste sur l’état du monde. Avec Woman on Rope, la réalisatrice et comédienne française Aurélia Khazan propose bien davantage qu’un récit intime : une interrogation sur les équilibres fragiles qui traversent nos sociétés contemporaines. Porté par l’artiste UNESCO pour la Paix Guila Clara Kessous et présenté le 16 juin à l’occasion du lancement du Comité français du Club de Rome, le film a ouvert une soirée consacrée à une question devenue centrale dans les démocraties modernes : comment repenser une société plus juste ?
La projection, organisée en présence du producteur Khen Than Nhat, de la réalisatrice et de Guila Clara Kessous

La projection, organisée en présence du producteur Khen Thanh Nhat et de la réalisatrice, inaugurait un nouveau cycle de réflexion porté par le Club de Rome en France. Depuis sa création en 1968, cette institution internationale s’est imposée comme l’un des laboratoires intellectuels majeurs de la pensée sur les limites de la croissance, les déséquilibres sociaux et les défis écologiques.
À l’heure où les certitudes économiques et politiques vacillent, l’événement parisien s’inscrivait dans une volonté de réexaminer les modèles de développement à la lumière des impératifs de justice et de durabilité.
Dans cette perspective, Woman on Rope est apparu comme une œuvre particulièrement en résonance avec les interrogations contemporaines. Porté par une esthétique délicate, un travail minutieux sur le montage des images et une composition musicale qui épouse les silences autant que les émotions, le film déploie la métaphore d’une femme avançant sur une corde, suspendue entre vulnérabilité et émancipation.
Une image qui renvoie à l’histoire longue des conquêtes féminines et aux tensions qui continuent d’accompagner la recherche d’une égalité réelle.
Figure émergente du cinéma d’auteur européen, Aurélia Khazan s’est progressivement imposée par une approche où l’exigence artistique se conjugue avec une sensibilité profondément humaniste. Son parcours, marqué par des engagements en faveur de la culture et du dialogue interculturel, ainsi que sa proximité avec plusieurs initiatives liées à l’UNESCO, témoigne d’une conception du cinéma comme espace de transmission et de réflexion.

Au-delà de l’expérience cinématographique, la soirée parisienne a rappelé combien l’évolution de la condition féminine constitue l’une des transformations majeures du siècle dernier. De l’accès au droit de vote à la conquête des responsabilités politiques, scientifiques et culturelles, les femmes ont progressivement redéfini les contours de la modernité. Cette dynamique, placée au cœur des Objectifs de développement durable des Nations unies, demeure indissociable de la recherche d’un modèle de société plus inclusif.

Le choix de Woman on Rope pour inaugurer les activités du Comité français du Club de Rome n’avait rien d’anodin. Il soulignait la capacité des arts à nourrir la pensée critique et à ouvrir des espaces de dialogue sur les grands enjeux de notre temps. Dans un monde traversé par les fractures sociales, les bouleversements climatiques et les incertitudes géopolitiques, le cinéma d’Aurélia Khazan rappelle que les récits les plus personnels sont parfois ceux qui éclairent le mieux les aspirations universelles.
Plus qu’une projection, la soirée du 16 juin fut ainsi l’amorce d’une conversation sur l’avenir. Une conversation où le cinéma, la pensée et l’engagement se rejoignent pour esquisser les contours d’une société plus juste.









